Conférence " Espoir en tête "

jeudi 12 mars 2026

Première Soirée Conférence Espoir en tête : la recherche sur les maladies neurodégénératives à l’honneur

Mardi 10 mars 2026 – La Chambre de Commerce du Luxembourg a accueilli la première soirée conférence Espoir en tête, organisée par l’Université du Luxembourg en collaboration avec le Luxembourg Institute of Health (LIH), sous l’impulsion des Rotary Clubs du Luxembourg. Cet événement à la fois scientifique et convivial a permis d’échanger sur les maladies du cerveau, en particulier les maladies neurodégénératives, les projets soutenus par Espoir en tête, ainsi que l’importance de financer la recherche scientifique. Un défi de santé publique, des avancées prometteuses

Les maladies neurodégénératives représentent un défi majeur de santé publique. Au Luxembourg, plus de 9000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer et plus de 3000 par la maladie de Parkinson. Grâce aux progrès récents de la recherche, notamment en matière de prévention, de nouvelles perspectives émergent. La soirée a offert une plateforme d’échange entre chercheurs et participants, mettant en lumière l’impact concret des dons sur la recherche luxembourgeoise.

Espoir en tête : le cinéma au service de la recherche

Portée par les Rotary Clubs du Luxembourg, l’initiative Espoir en tête invite le public à assister à l’avant-première d’un film tout en soutenant la recherche sur les maladies du cerveau, comme les maladies neurodégénératives ou le cancer. Pour chaque billet de cinéma vendu 16€, 8€ sont reversés à la recherche au Luxembourg. Depuis 2024, l’initiative soutient également la production audiovisuelle luxembourgeoise en sélectionnant un film national. Depuis son lancement au Luxembourg en 2013, Espoir en tête a permis de récolter plus de 733 000€, finançant 22 projets de recherche au Luxembourg, dont 9 projets de recherche sur les mécanismes de dégénérescence, 8 projets spécifiques sur la maladie de Parkinson, 3 sur la maladie d’Alzheimer et 2 sur le cancer du cerveau. L’initiative Espoir en tête a été un catalyseur pour la recherche sur le cerveau au Luxembourg, facilitant les activités de sensibilisation auprès du grand public et la prise en charge des patients. Elle a également contribué au développement de carrières scientifiques grâce à des financements pour des études pilotes et exploratoires, menant souvent à des subventions plus importantes et à des publications scientifiques. Cela a été particulièrement important pour les jeunes chercheurs, qui ont pu, grâce au financement Espoir en tête, lancer de nouveaux projets de recherche, développer de nouvelles technologies ou agrandir leurs équipes.

Projets lauréats innovants en 2025

Norbert Friob, initiateur du projet Espoir en tête et ancien gouverneur de district du Rotary, a ouvert la soirée en présentant les débuts du concept Espoir en tête et les succès des éditions précédentes. Philippe Lamesch, responsable du mécénat à l’Université du Luxembourg, a ensuite présenté les deux projets lauréats de l’édition 2025 soutenus tous les deux par un don de 25.000€ :

• Le professeur Paul Wilmes (Luxembourg Centre of Systems Biomedicine – LCSB), pour son projet sur l’impact des petites protéines produites par le microbiote intestinal sur les cellules nerveuses, ouvrant potentiellement de nouvelles voies pour le diagnostic et le traitement de la maladie de Parkinson. Le professeur Wilmes a souligné l’importance du soutien passé et présent d’Espoir en tête : « Au fil des ans, ce financement nous a permis d’explorer des pistes innovantes, souvent non éligibles aux appels à projets standard. Les données préliminaires obtenues ont servi de base à des demandes de financement européennes et nationales. »

• Iñigo Yoldi Bergua (LCSB) et le professeur Rejko Krüger (LCSB, LIH et CHL), pour leur projet commun sur la maladie de Parkinson et les patients présentant des facteurs de risque génétique élevés. « Le soutien d’Espoir en tête nous aide à transformer les découvertes scientifiques en progrès concrets pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Notre projet identifie des ‘empreintes génétiques’ qui nous permettent de classer les patients en sous-groupes partageant une cause moléculaire commune – une étape significative vers des traitements ciblés », a déclaré le professeur Krüger lors de la cérémonie.

L’importance de la prévention

Le professeur Rejko Krüger, qui dirige également le Programme for Dementia Prevention (pdp) coordonné par le Centre Hospitalier du Luxembourg en collaboration avec le Luxembourg Institute of Health, a présenté les nombreux facteurs de risque pour les maladies neurodégénératives. En agissant sur 14 facteurs de risque modifiables, 45 % des cas de démence dans le monde pourraient être retardés, voire évités, rappelant ainsi qu’une prévention efficace est possible grâce à des gestes simples au quotidien.

Table ronde : l’impact d’Espoir en tête sur la recherche sur le cerveau


Ensuite, des représentants de tous les instituts luxembourgeois travaillant sur les maladies du cerveau se sont réunis pour une table ronde avec des experts de premier plan. Parmi les participants figuraient :

• La professeure Simone Niclou (vice-rectrice à la recherche, Université du Luxembourg)

• Le docteur Frank Glod (directeur adjoint, Luxembourg Institute of Health – LIH)

• Le docteur David Bouvier (Laboratoire National de Santé – LNS)

• Le docteur Dimitri Budinger (LCSB, Université du Luxembourg)

• La docteure Sabrina Fritah (LIH)

La docteure Sabrina Fritah, responsable du groupe Cancer RNAs et Épigénétique au LIH, a souligné le rôle décisif d’Espoir en tête dans son parcours scientifique : « Le soutien d’Espoir en tête a été décisif pour mon développement professionnel. Grâce à ce financement, j’ai pu obtenir des résultats préliminaires qui m’ont permis de décrocher une bourse Télévie, d’intégrer un réseau de compétence européen et de diriger aujourd’hui mon propre groupe de recherche. » www.espoir-en-tete.lu Tous les intervenants ont convenu que le soutien philanthropique est essentiel pour compléter les financements traditionnels. Des initiatives comme Espoir en tête du Rotary interviennent souvent à un stade précoce crucial pour l’innovation. « Cela nous permet de tester de nouvelles idées à plus haut risque et d’obtenir des résultats préliminaires essentiels pour postuler à d’autres financements nationaux ou internationaux très compétitifs. Ainsi, le financement du Rotary nous permet de montrer que nos innovations comptent vraiment et d’attirer d’autres financements », a expliqué le docteur David Bouvier, responsable de l’unité de recherche NCP et chef du groupe Neuropathologie appliquée au LNS. « La recherche est comme un puzzle : on avance pièce par pièce. Le soutien du Rotary nous aide à poser ces premières pièces cruciales », a ajouté le docteur Dimitri Budinger, post-doctorant au LCSB. La professeure Simone Niclou et le docteur Frank Glod ont insisté sur l’importance de la collaboration pour la recherche biomédicale et l’éducation au Luxembourg. « La recherche devient de plus en plus ambitieuse et complexe », a noté le docteur Frank Glod. « Cela nécessite souvent une collaboration entre institutions, entre cliniciens, chercheurs et patients. Le soutien du Rotary, y compris pour les projets collaboratifs, nous aide à les transformer en quelque chose de beaucoup plus grand qui a plus d’impact. C’est pour cette raison que le LIH, l’université et les quatre hôpitaux unissent leurs forces pour créer la Luxembourg Research Clinic, une initiative qui facilitera fortement la recherche clinique et translationnelle. » « Par ailleurs, nous travaillons en étroite collaboration avec tous les partenaires au développement d’une Faculté de Médecine et de Santé pour le Luxembourg », a ajouté la professeure Simone Niclou. « Ensemble, cela fera du Luxembourg un lieu où les cliniciens pourront allier soins aux patients, éducation et recherche – ce qui aidera à attirer les jeunes médecins dans le pays et nous permettra d’apporter des traitements innovants au Luxembourg. » En regardant vers l’avenir, les chercheurs ont partagé leur vision d’un Luxembourg où la recherche de pointe, les soins et l’éducation médicale fonctionnent en synergie. Ils ont décrit comment une meilleure compréhension des mécanismes impliqués dans le cancer et la neurodégénérescence et des processus biologiques permettant de freiner ces maladies ouvrira la voie à des traitements hautement personnalisés, alimentés par l’IA et d’autres technologies innovantes.

Clôture avec une avant-première

La soirée s’est conclue par l’annonce que l’appel à projets Espoir en tête 2026 sera lancé à la fin du mois de mars et par la présentation de la bande-annonce du film Espoir en tête 2026 : « Allez Hëpp Hopp Hopp ! », un film d’animation réalisé par Caroline Origer, principalement produit au Luxembourg par La Fabrique d’Images et distribué par Tarantula Distribution, avec le soutien du Film Fund Luxembourg. Le film sera présenté en avant-première au public luxembourgeois le dimanche 19 avril 2026, avant sa sortie nationale le 22 avril.

Informations : lcsb.uni.lu & espoir-en-tete.lu

Crédit photo : Vic Fischbach